Au 30 août 2026, deux mouvements sociaux se superposent sur la semaine de rentrée : la grève des hôtesses et stewards de French Bee est reconduite jusqu’au 6 septembre, et les pilotes de Volotea basés en France sont appelés à cesser le travail du 4 au 6 septembre. À cette heure, aucune des deux compagnies n’a publié de liste de vols annulés : French Bee affirme au contraire maintenir l’ensemble de son programme, en louant des avions à un opérateur espagnol. Voici les dates exactes, ce qui est confirmé, ce qui ne l’est pas — et ce que le droit européen vous garantit réellement si votre vol saute.
- ▸French Bee : préavis de grève des PNC (hôtesses et stewards) reconduit du 1er septembre à 00h01 au 6 septembre 2026 à 23h59, après un premier préavis du 27 au 31 août (SNPNC-FO et CGT).
- ▸Volotea : préavis de grève des pilotes basés en France, du vendredi 4 au dimanche 6 septembre inclus (SNPL, UNAC et SPL).
- ▸Aucune liste officielle d’annulations n’a été publiée par les deux compagnies à la date du 30 août. French Bee dit maintenir « l’ensemble de son programme de vols ».
- ▸Une grève du personnel de la compagnie elle-même n’est pas une « circonstance extraordinaire » au sens de la jurisprudence de la Cour de justice de l’UE : l’indemnisation forfaitaire reste due si le vol est annulé.
Ce qui est confirmé au 30 août 2026 #
Chez French Bee, la compagnie long-courrier à bas coûts du groupe Dubreuil basée à Paris-Orly, le conflit porte sur les salaires, l’instabilité des plannings et les temps de repos. Un premier préavis couvrait la période du 27 au 31 août. Le 29 août, le SNPNC-FO et la CGT ont annoncé la reconduction du mouvement. Le communiqué syndical publié sur le site du SNPNC-FO donne la fenêtre la plus précise : « du 1er septembre à 00h01 au 6 septembre 2026 à 23h59 ». La dépêche AFP reprise par les rédactions d’outre-mer, notamment TNTV le 29 août, retient exactement les mêmes horaires.
Chez Volotea, compagnie espagnole très implantée sur les lignes régionales françaises, ce sont les pilotes basés en France qui sont appelés à faire grève, du vendredi 4 au dimanche 6 septembre inclus. Le préavis est porté conjointement par le SNPL, l’UNAC et le SPL, qui invoquent l’absence de progrès concrets dans les négociations sociales. Selon Air Journal, la compagnie n’avait pas rendu public de programme de vols modifié au moment de l’annonce.
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Sont concernés les voyageurs du réseau long-courrier de French Bee au départ d’Orly — La Réunion, les Antilles, Tahiti, New York, Los Angeles, San Francisco, Miami — et, pour Volotea, les lignes régionales opérées depuis Bordeaux, Brest, Lille, Lyon, Marseille, Nantes, Strasbourg et Toulouse.
« Malgré une mobilisation qui ne cesse de progresser, aucune négociation n’a été engagée »
— Communiqué commun SNPNC-FO et CGT, 29 août 2026
Deux fenêtres de dates à ne pas confondre #
C’est le principal risque d’erreur sur ce dossier : certains titres écrivent « grève prolongée jusqu’au 6 septembre », d’autres « préavis reconduit du 1er au 6 septembre ». Ce n’est pas la même information. Le premier préavis (27-31 août) et le second (1er-6 septembre) sont deux actes distincts, qui se succèdent sans interruption. Nous retenons la formulation du communiqué syndical, seule source à donner les horaires.
| Période | Compagnie | Personnel concerné | Statut du programme de vols |
|---|---|---|---|
| 27 → 31 août 2026 préavis échu |
French Bee | PNC (hôtesses de l’air et stewards) | Programme annoncé maintenu par la direction, avions affrétés auprès d’un opérateur espagnol. Aucune liste d’annulations publiée par la compagnie. |
| 1er sept. 00h01 → 6 sept. 23h59 préavis reconduit |
French Bee | PNC (hôtesses de l’air et stewards) | Aucun programme de vols modifié publié au 30 août. |
| 4 → 6 sept. 2026 inclus préavis déposé |
Volotea | Pilotes basés en France | Aucun programme de vols modifié publié au 30 août. |
Sources : communiqué SNPNC-FO du 29 août 2026 (horaires exacts du préavis reconduit), dépêche AFP du 29 août, Air Journal du 29 août pour Volotea. Les horaires du premier préavis n’ont pas été publiés à la minute près par les syndicats.
À noter : les deux mouvements se chevauchent les 4, 5 et 6 septembre. Si vous enchaînez un vol régional Volotea et un long-courrier French Bee ce week-end-là, prévoyez une marge bien plus large que d’habitude.
Grève ne veut pas dire vols annulés #
C’est la nuance la plus importante à retenir avant de paniquer. Pendant le premier préavis, French Bee a mis en place un dispositif pour tenir son plan de vol : la direction a indiqué maintenir « l’ensemble de son programme de vols », en s’appuyant sur des appareils affrétés auprès d’une compagnie espagnole. Selon TourMaG, il s’agit d’avions de Wamos Air, des Airbus A330 dont la configuration diffère des A350 habituels de la compagnie (capacité moindre, pas d’écrans individuels).
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Cela ne veut pas dire que tout s’est passé sans accroc : la mobilisation a été forte, avec 100 % des PNC basés à La Réunion en grève dès le 27 août selon L’Écho Touristique, et 90 % des chefs de cabine à Orly d’après TourMaG. Mais, à la date du 30 août, ni French Bee ni Volotea n’ont publié de programme modifié ni de liste d’annulations. Toute affirmation du type « tous les vols sont annulés » relève donc de la spéculation : la seule source qui fait foi pour votre vol, c’est votre compagnie.
- ✓Vérifiez le statut de votre vol sur le site ou l’application de la compagnie, la veille puis le matin du départ.
- ✓Assurez-vous que votre numéro de téléphone et votre adresse e-mail sont bien à jour dans votre dossier de réservation : c’est par là que passent les notifications d’annulation.
- ✓Si vous avez réservé via une agence ou un comparateur, vérifiez que la compagnie dispose bien de vos coordonnées directes, et pas seulement de celles de l’intermédiaire.
- ✓Conservez tout : cartes d’embarquement, courriels d’annulation, notifications, factures de repas et d’hôtel. Sans preuves, aucune réclamation n’aboutit.
Vos droits si le vol est annulé ou retardé #
Les vols concernés partent de France, donc de l’Union européenne : le règlement (CE) n° 261/2004 s’applique quelle que soit la compagnie. Voici ce que dit littéralement le texte, consultable sur EUR-Lex.
En cas d’annulation, l’article 8 impose que « les passagers se voient proposer le choix entre : a) le remboursement du billet, dans un délai de sept jours […] au prix auquel il a été acheté, pour la ou les parties du voyage non effectuées […] ; b) un réacheminement vers leur destination finale, dans des conditions de transport comparables et dans les meilleurs délais ». Le choix vous appartient : la compagnie ne peut pas vous imposer un avoir à la place du remboursement.
L’indemnisation forfaitaire est fixée par l’article 7, paragraphe 1 : « 250 euros pour tous les vols de 1500 kilomètres ou moins ; 400 euros pour tous les vols intracommunautaires de plus de 1500 kilomètres et pour tous les autres vols de 1500 à 3500 kilomètres ; 600 euros pour tous les vols qui ne relèvent pas des points a) ou b) ». Un Orly-Saint-Denis de La Réunion ou un Orly-Papeete relève de la tranche la plus élevée ; une ligne régionale Volotea, le plus souvent des 250 €. Le montant peut être réduit de moitié si le réacheminement proposé limite votre retard à l’arrivée (article 7, paragraphe 2).
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La prise en charge pendant l’attente est prévue par l’article 9 : « des rafraîchissements et des possibilités de se restaurer en suffisance compte tenu du délai d’attente », « un hébergement à l’hôtel aux cas où un séjour d’une ou plusieurs nuits est nécessaire », ainsi que « le transport depuis l’aéroport jusqu’au lieu d’hébergement » et deux appels ou messages gratuits. Ce droit s’applique même quand l’indemnisation forfaitaire n’est pas due.
Si la compagnie ne répond pas, la réclamation se dépose auprès de la Direction générale de l’aviation civile pour un vol au départ de France, via le portail officiel droits-passagers-aeriens.aviation-civile.gouv.fr.
La nuance juridique que peu de médias rappellent #
Beaucoup de passagers pensent qu’« en cas de grève, on n’a droit à rien ». C’est faux, et la distinction est capitale. L’article 5, paragraphe 3, du règlement dispose qu’un transporteur « n’est pas tenu de verser l’indemnisation prévue à l’article 7 s’il est en mesure de prouver que l’annulation est due à des circonstances extraordinaires qui n’auraient pas pu être évitées même si toutes les mesures raisonnables avaient été prises ».
Or, la Cour de justice de l’Union européenne a tranché le 23 mars 2021, dans l’affaire C-28/20, Airhelp contre Scandinavian Airlines System : un mouvement de grève « entamé à l’appel d’un syndicat du personnel d’un transporteur aérien effectif, dans le respect des conditions édictées par la législation nationale, notamment du délai de préavis imposé par celle-ci, destiné à porter les revendications des travailleurs de ce transporteur et suivi par une catégorie de personnel indispensable à la réalisation d’un vol, ne relève pas de la notion de circonstance extraordinaire ».
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Autrement dit : une grève des contrôleurs aériens, extérieure à la compagnie, peut l’exonérer ; une grève de ses propres PNC ou de ses propres pilotes, préavis déposé et revendications salariales à l’appui, ne l’exonère pas a priori. C’est exactement la configuration des deux préavis en cours. Sous réserve de l’appréciation des juridictions saisies au cas par cas, un vol annulé pour ce motif ouvre donc bien droit à l’indemnisation forfaitaire, en plus du remboursement ou du réacheminement.
Une réserve toutefois : l’indemnisation n’est pas due si vous avez été informé de l’annulation suffisamment à l’avance et réacheminé dans les conditions fixées par l’article 5. Un préavis annoncé plusieurs jours avant le départ peut donc réduire, en pratique, le montant dû.
Remboursement ou réacheminement : comment choisir #
Le réflexe dépend de la nature de votre voyage. Si vous rentrez de vacances et devez absolument être rentré, exigez un réacheminement dans les meilleurs délais, y compris sur une autre compagnie : le texte parle de « conditions de transport comparables », pas de « vol de la même compagnie ». Si votre départ n’a plus de sens une fois décalé de plusieurs jours, prenez le remboursement sous sept jours et reconstruisez votre voyage.
Côté assurance, lisez la clause exacte avant de compter dessus. Beaucoup de garanties « annulation » couvrent l’annulation de votre fait pour un motif listé, pas celle décidée par le transporteur, déjà couverte par le règlement européen. Les garanties « retard de vol » des cartes bancaires sont soumises à un seuil horaire et à un plafond propres à chaque contrat : le nom commercial d’une garantie ne dit rien du droit réellement ouvert. Vérifiez la notice, pas la brochure.
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Si vous prenez le remboursement et repoussez le départ à une période plus calme, c’est le moment de revoir destination et budget : notre guide des destinations pas chères aide à arbitrer entre saison, distance et prix du billet. Pour le reste, nos articles Prendre l’avion : les 12 questions qu’on se pose vraiment, Correspondance ratée : qui paie et que faire et J’ai raté mon avion : que faire maintenant complètent ce dossier.
Questions fréquentes #
Mon vol French Bee du 1er au 6 septembre est-il annulé ?
À la date du 30 août 2026, French Bee n’a publié aucune liste de vols annulés et indique maintenir « l’ensemble de son programme de vols », en affrétant des appareils auprès d’un opérateur espagnol. Un préavis de grève ne vaut donc pas annulation. La seule source fiable reste le statut de votre réservation sur le site ou l’application de la compagnie, à vérifier la veille puis le matin du départ, ainsi que les SMS et courriels envoyés par le transporteur.
Ai-je droit à une indemnisation si mon vol est annulé à cause de cette grève ?
En principe oui. La Cour de justice de l’Union européenne a jugé le 23 mars 2021 (affaire C-28/20) qu’une grève déclenchée à l’appel d’un syndicat du personnel de la compagnie elle-même, avec préavis et revendications des salariés, ne relève pas de la notion de circonstance extraordinaire. La compagnie ne peut donc pas s’exonérer de l’indemnisation prévue par l’article 7 du règlement (CE) n° 261/2004, soit 250, 400 ou 600 euros selon la distance. L’appréciation reste faite au cas par cas par les juridictions saisies, et l’indemnisation peut être réduite ou écartée si vous avez été informé à l’avance et réacheminé dans les conditions fixées par l’article 5.
Quelle est la différence entre le remboursement et le réacheminement ?
L’article 8 du règlement (CE) n° 261/2004 vous laisse le choix. Le remboursement porte sur le prix payé pour les parties du voyage non effectuées et doit intervenir dans un délai de sept jours. Le réacheminement consiste à vous transporter vers votre destination finale dans des conditions de transport comparables et dans les meilleurs délais, éventuellement sur une autre compagnie. Dans les deux cas, la prise en charge prévue à l’article 9 (repas, hébergement si une nuit est nécessaire, transfert vers l’hôtel) reste due pendant l’attente.